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Le libre n'est pas gratuit, il est réparable

L'argument du coût est le plus faible qu'on puisse avancer pour le logiciel libre. Et c'est presque toujours celui qu'on entend en premier.

  • logiciel libre
  • conseil
  • dépendance
Réparer, avant de remplacer.Horloger à l'établi · Yılmaz Kilim · CC0

L’argument qui dessert

« C’est gratuit. » En réunion, c’est la première chose qu’on dit du logiciel libre, et c’est la plus mauvaise. D’abord parce que c’est faux — l’hébergement, l’exploitation et la montée en compétence ont un coût, souvent comparable à celui d’une licence. Ensuite parce que ça place la discussion sur le seul terrain où le libre n’a rien de décisif à dire.

Et surtout : un décideur qui choisit un outil parce qu’il est gratuit l’abandonnera dès qu’un commercial lui offrira six mois.

Ce qui se paie vraiment

Le coût d’un outil ne se lit pas sur sa facture, il se lit le jour où il tombe, ou le jour où l’on veut partir.

Quand un outil propriétaire dysfonctionne, vous ouvrez un ticket. Votre délai de rétablissement est celui de l’éditeur, et vous n’avez aucune prise dessus. Quand il change de tarif, de conditions, ou disparaît, vos données sont dans un format que vous ne maîtrisez pas.

Un outil libre ne supprime aucun de ces risques. Il vous rend simplement la possibilité d’agir : lire le code, corriger, payer quelqu’un pour le faire, partir avec vos données. Ce n’est pas la gratuité, c’est la réparabilité.

Un test simple

Avant d’adopter quoi que ce soit, posez la question à voix haute :

Si l’éditeur ferme demain, qu’est-ce que je fais ?

Si la réponse tient en une phrase concrète, l’outil vous convient — libre ou non. Si elle commence par « on verra à ce moment-là », vous n’avez pas choisi un outil : vous avez choisi une dépendance.

C’est la question que je pose en premier dans une mission de conseil. Elle règle plus de débats qu’un comparatif de fonctionnalités.