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Un support de cours n'est pas un manuel

Un support exhaustif rassure le formateur et endort la salle. Ce qu'il faut y mettre, et surtout ce qu'il faut en retirer.

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Enseigner, avant le MOOC.Salle de classe · archives Fortepan · domaine public

Le réflexe de l’exhaustivité

Quand on prépare une formation, on a peur d’oublier quelque chose. Alors on met tout. Chaque option de chaque commande, chaque cas particulier, chaque mise en garde. Le support gonfle, et il rassure — celui qui l’a écrit.

En salle, il produit l’inverse de ce qu’on cherche. Le stagiaire lit au lieu d’écouter, ou décroche parce qu’il ne sait plus ce qui compte. Un document qui ne hiérarchise rien transmet exactement une information : tout se vaut. Ce qui est faux, et démobilisant.

Trois documents, pas un

La confusion vient de ce qu’on demande à un seul fichier de faire trois métiers incompatibles.

Le fil de la séance — ce qui est projeté. Peu de texte, un titre par idée, et l’exemple qu’on va dérouler ensemble. Il sert à rythmer, pas à contenir.

La référence — ce qu’on garde après. Dense, complète, structurée pour être retrouvée dans six mois par quelqu’un qui cherche une syntaxe précise. Elle n’est pas faite pour être lue en continu, et ce n’est pas grave.

Le cahier d’exercices — ce sur quoi on travaille. Énoncés, jeux de données, corrigés séparés. C’est le seul des trois où le stagiaire écrit.

Fusionner les trois donne un objet qui échoue aux trois usages.

La question à se poser sur chaque page

Pour chaque page du fil de séance : qu’est-ce que je fais pendant qu’elle est affichée ?

Si la réponse est « je la lis », la page ne sert à rien — le stagiaire lit plus vite que vous. Si c’est « je montre », « je fais faire » ou « je fais réagir », elle a sa place.

Cette question retire en général un tiers des pages. Ce tiers va dans la référence, où il est enfin à sa place.