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Rédigé par Maurice, relu par Maxime Fauquemberg

CMS pour Astro : Sveltia, Decap, Keystatic, TinaCMS

Comparatif des CMS Git-based pour éditer un site Astro sans coder : licence, avantages et limites de Sveltia, Decap, Keystatic, TinaCMS.

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Quatre directions, un seul dépôt Git à l'arrivée.Crossroads Signpost, geograph.org.uk · Alan Hughes · CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Dans l’article sur la migration de WordPress vers Astro, on avait laissé une promesse en suspens : comment fait-on éditer un site statique à quelqu’un qui n’écrit pas en Markdown. Le proto de Corporémentis, construit sur la branche poc/cms-sveltia, en est une première réponse concrète. Celui-ci en développe le panorama : quatre CMS pensés pour Astro, tous nés du même principe, avec des choix de licence qui les séparent nettement.

Le principe commun : un formulaire par-dessus le dépôt Git

Un CMS Git-based ne stocke rien dans une base de données. Il pose une interface web — un formulaire, des champs — par-dessus des fichiers Markdown, JSON ou YAML qui vivent dans le dépôt du projet. Quelqu’un remplit le formulaire, l’outil écrit le fichier et pousse un commit. Le site reste statique de bout en bout : pas de serveur d’administration à sécuriser, pas de base de données à sauvegarder, l’historique complet du contenu tient dans git log.

C’est ce principe qui rend le compromis WordPress → Astro tenable pour un client qui n’a jamais ouvert un terminal : il continue de remplir des champs dans un navigateur, seulement le résultat est un fichier versionné plutôt qu’une ligne dans une base MySQL.

Sveltia CMS — la réécriture qui a pris le dessus

Logo Sveltia CMS.

Licence : MIT. Sveltia CMS se présente comme une réécriture moderne de Netlify CMS (devenu Decap CMS), un projet que ses propres auteurs jugeaient laissé à l’abandon depuis plusieurs années. Le résultat : un bundle cinq fois plus léger, une interface nettement plus soignée, le support natif du multilingue, et un fonctionnement pensé pour marcher sans serveur dédié — l’authentification passe directement par GitHub, GitLab ou un fournisseur Git équivalent.

C’est l’outil du proto Corporémentis, choisi précisément parce qu’il ne demande aucune dépendance à un service tiers payant : tout tourne côté client, dans le navigateur, une fois l’accès au dépôt accordé. Sa jeunesse est aussi sa réserve principale — projet récent, communauté plus petite que celle qu’il cherche à remplacer, donc moins de réponses toutes faites en cas de blocage.

Decap CMS — l’historique, toujours gratuit

Logo Decap CMS.

Licence : MIT. Decap CMS est l’ancien Netlify CMS, renommé après que Netlify a cessé de le maintenir en interne — repris depuis par une communauté indépendante. La promesse affichée est explicite : rester gratuit pour tout le monde, sans palier payant, sans limite de sièges éditeurs, sans fonctionnalité verrouillée derrière un abonnement. L’authentification GitHub, GitLab et Bitbucket est prise en charge nativement, et le champ d’usage est large : Markdown, JSON, YAML, TOML, XML, CSV.

Sa limite tient à son âge : pas de workflow de contenu avancé, rien de dynamique, une interface qui accuse le poids des années face à des concurrents plus récents. Une extension payante existe — Decap Turbo — pour les équipes qui veulent de la performance et du contrôle d’accès centralisé, mais elle s’ajoute au cœur gratuit sans jamais le remplacer.

Keystatic — le plus intégré à Astro

Logo Keystatic.

Licence : open source, sans coût d’hébergement puisque le contenu reste dans le dépôt Git. Keystatic se distingue par son intégration de premier rang dans l’écosystème Astro : la configuration s’écrit en TypeScript, avec plus de trente types de champs — texte, date, image, texte enrichi en Markdoc ou MDX, tableaux, blocs conditionnels, relations entre contenus — tous typés de bout en bout. Un mode local sert au développement, un mode GitHub prend le relais en production, avec des commits passés par l’API GitHub.

C’est l’outil le plus expressif des quatre pour qui a besoin de structurer un contenu complexe — au prix d’une configuration qui demande de savoir écrire du TypeScript, là où les trois autres se contentent de fichiers de configuration déclaratifs.

TinaCMS — le cas à part

Logo TinaCMS.

Licence : Apache 2.0 pour le logiciel — mais l’expérience complète suppose un compte Tina Cloud. TinaCMS partage l’essentiel du principe des trois précédents, avec un argument propre : l’édition visuelle, au plus près du rendu final plutôt que dans un formulaire séparé. Le logiciel en lui-même s’auto-héberge gratuitement.

C’est sur le modèle économique qu’il diverge : la version hébergée, Tina Cloud, est gratuite jusqu’à deux utilisateurs, puis facturée 29 $/mois pour cinq utilisateurs et le contrôle d’accès par rôle, et 149 $/mois pour un usage illimité avec authentification unique. Rien d’illégitime — c’est un modèle « cœur ouvert, service payant » assumé — mais ça le sort du principe des trois autres : tourner indéfiniment sans dépendre d’un service tiers facturé.

Lequel choisir

En priorisant le libre et le gratuit sans condition : Sveltia CMS, Decap CMS et Keystatic tournent sans jamais dépendre d’un service extérieur payant — le dépôt Git suffit. Entre les trois, Sveltia l’emporte aujourd’hui sur la fraîcheur et la légèreté, Decap sur l’ancienneté et la stabilité éprouvée, Keystatic sur la profondeur d’intégration à Astro quand le contenu se structure plus qu’il ne se rédige. TinaCMS reste pertinent pour qui veut de l’édition visuelle et accepte, à partir d’une certaine taille d’équipe, de payer pour ça.

C’est ce choix qui se pose à chaque site Astro confié à quelqu’un qui n’écrit pas en Markdown — le terrain de la prestation Site web & CMS : Sveltia CMS pour le proto Corporémentis, un autre des trois selon ce que le client sait déjà utiliser.